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CLASSE  POLITIQUE

Je ne sais si quelque politologue a relevé ce que j’ai assez souvent observé : maint politique est fils unique ou petit-dernier de la famille.

 

Sauf exception, un bébé commence par un état à tout jamais extraordinaire : il est une manière de « roi du monde », sujet constant des gentillesses et des soucis de tout un chacun.

Il jouit d’un statut mirifique… Mais qui dure seulement tant qu’un nouveau-né ne vient pas lui ravir sa couronne ; il faut être fils unique ou petit-dernier pour jouir de cet immense avantage.

Dans ce cas favorable, un privilégié habitué, sans concurrence, à être supérieur, cherchera tout naturellement à retrouver un couronne ; et la cherchera plutôt dans le domaine qui en donne : la politique.

A l’épouse d’un ministre, j’ai demandé s’il était fils unique ou petit-dernier : elle répondit en riant : « Le petit-dernier, et le chouchou de la famille ».

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Voilà sans doute pourquoi le tempérament de tout politique comporte des traits distinctifs, potentiellement dangereux : ce caractère spécial, porté à la mégalomanie, allie un féroce égocentrisme à une ambition irrésistible et tenace. Un politique se croit tout permis ; le plus doux montre les dents à la moindre contrariété. Habitué à combattre des concurrents, un politique est trop souvent belliciste.

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Certains jours, levant l’œil du journal, je me dis « La politique est un métier de gangster ! »

Je fréquente une partie de la classe politique depuis décembre 1944, et j’ai travaillé pour elle, à partir de 1964. Elle comporte beaucoup plus de membres estimables que l’opinion ne le croit ; mais il est incontestable que les politiques qui parviennent au premier rang sont plutôt des « tueurs », dépourvus de tout sens moral ; et j’avoue que j’ai de plus en plus peur de nos dirigeants.

Depuis les lustres, on sait que le pouvoir isole et « rend fou. » Mais qui rêve de le conquérir ne l’est-il pas déjà quelque peu ?

Une vocation politique ne serait-elle pas un signe patent de paranoïa ? Comment s’étonner des malheurs du monde ; il faut s’attendre au pire.

Ouvrons les journaux…

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Un homme politique n’est pas un homme tant qu’un politique. Il ne faut pas lui demander les vertus d’un homme vertueux ; alors qu’il doit avoir les vices qui permettent de survivre dans la guerre impitoyable qu’est la politique ; un homme de pouvoir, s’il a quelque sens moral en début de carrière, est contraint de le perdre peu à peu, sous la pression des nécessités.

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La guerre des « idées » cache la guerre des EGOS.

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L’instinct du « chef de meute », tout puissant sur l’animal – que, sans consentir à l’admettre, est avant tout l’être humain – s’oppose directement au principe démocratique. Sans deviner la cause de sa préférence, la majorité des citoyens se prononce en faveur d’un « homme à poigne ».

Allez savoir pour quelle impérieuse raison, ce surhomme serait doué, plus que tous les autres politiques, d’une conscience aiguë du bien commun… Les partisans des régimes forts oublient de se poser la question.

L’exemple désastreux des dictateurs énergiques les plus récents, tels HITLER et STALINE, devrait pourtant les inciter à réfléchir.

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                La classe politique est scandaleusement sous-payée.

Elle a contre elle un vieux préjugé, d’abord paysan puis bourgeois, selon lequel il est juste de rémunérer les efforts de qui travaille pour produire ou vendre. Mais pas de rétribuer qui use seulement la parole ; c’est déjà le cas des fonctionnaires, mais encore plus des parlementaires : ils parlent ! Ce qui ne fatigue en rien !

Aggravant le sort de ces derniers, ils sont élus ; d’où l’inévitable « Je t’ai fait ce que tu es ; ça devrait te suffire ! ».

 

Dominés à leur insu par l’« instinct du chef de meute », la grande plupart des électeurs jugent tout à fait normal que le P.D.G. d’une entreprise du secteur privé bénéficie d’un traitement colossal, pour fabriquer et vendre des voitures automobiles.

En sens inverse, ils estiment qu’un homme politique responsable du bien commun, gestionnaire des affaires publiques du pays, n’a tout au plus droit qu’à une médiocre rétribution. La confection de la LOI et le contrôle du gouvernement seraient peu devant la fabrication

des moulins à légumes et la vente des chaussettes.

Il suffit pourtant de voir de près l’emploi du temps et le programme de travail des députés et sénateurs, pour mesurer à quel point ils sont surchargés.

En revanche, rois et reines, qui ont quelque chose de sacré, doivent vivre dans le luxe le plus éclatant.

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Le traitement excessif des parlementaires est un vieux thème fallacieux mais hyper efficace : déjà au début de la IIIème République, nobles et milliardaires, qui avaient les moyens de se payer une campagne électorale à succès, s’opposaient avec la plus grande vigueur au traitement des parlementaires non milliardaires, leurs concurrents.

De nos jours, le comité de soutien des candidats conservateurs continue de restreindre le plus possible le financement des candidats opposants, en insinuant à l’opinion publique toujours crédule que ces méchants utopistes ou bolcheviques reçoivent déjà beaucoup trop d’argent avec tout ce qui leur est versé,

« aux frais du contribuable ».

Contrairement à une propagande éhontée, députés et sénateurs sont largement sous-rétribués, surtout si on les compare aux grands patrons du privé et les célèbres joueurs de ballon. Mais les esprits ordinaires sont apparemment très déficients dans l’art de comparer.

Quand un parlementaire a un membre de sa famille à la tête d’une entreprise d’une trentaine d’employés ou d’ouvriers, il ne peut qu’envier le sort de ce patron ; il lui suffit de comparer le traitement et les facilités diverses, en conseils spécialisés, en secrétariat, en repas d’affaires… La firme rembourse énormément de dépenses, considérés comme des frais de gestion.

En pourcentage du budget national, celui des assemblées est minuscule, en regard du manque à gagner dû aux firmes du CAC 40 qui échappent beaucoup trop largement à l’impôt ; grâce à des centaines de niches fiscales et aux paradis fiscaux, elles sont fort loin de verser ce qu’elles devraient ; la dimension annuelle du manque correspondant n’est pas loin de celui du déficit budgétaire.

En outre, pour justifier leurs avantages, ces multimilliardaires astucieux ont fait adopter et appliquer une fausse théorie économique, le « néolibéralisme du tout-marché » de Milton FRIEDMAN (l’école de Chicago.) Et ils ont acheté toute la presse populaire, afin de mieux manœuvrer l’opinion. Et comme par hasard, les économistes dissidents ont été peu à peu réduits au silence.

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Le scandale n’est pas dans le traitement des parlementaires ; il est bel et bien dans les privilèges fiscaux dont bénéficient les grandes fortunes. Mais  leurs titulaires savent très efficacement détourner l’attention !

Les politiques étant scandaleusement sous-payés, y réussissent plus aisément les bienheureux dotés de gros moyens de fortune ; voilà qui avantage de plus en plus les multimilliardaires, surtout au profit de la droite conservatrice. 

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La politique coûte cher, et même très cher ; affiches, édition de programmes, réunion de congrès dans toutes les grandes villes, entraînent d’énormes dépenses… Bref tout ce qui est indispensable au succès d’une carrière est hors de prix.

Etant peu rétribués, les hommes politiques et leur groupe sont contraints de trouver des subsides de remplacement. Pressés par l’urgence, ils sont donc assez souvent accessibles à la pression des « lobbies » ; la corruption est la conséquence directe et inévitable du mépris des électeurs pour leurs élus.

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Un énorme scandale secoua la IIIème République, à ses débuts, WILSON, gendre du Chef de l’Etat, Jules GREVY, vendait la Légion d’Honneur.

Devant ce trafic de décorations, la classe politique décida d’élire un homme fort riche et donc incorruptible ;

c’est ainsi que Félix FAURE devint Président de la République.

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Ancien Premier Ministre, R. ambitionne d’être Président du Sénat ; sûr de maîtriser la règle du jeu, il se répand dans les media, vante son expérience ; il répète à qui veut l’entendre qu’il est au mieux avec le Chef de l’Etat, et donc qu’il servira de messager utile et efficace entre l’Elysée et le Luxembourg. Convaincue par cette bruyante campagne, la presse annonce le succès de R. comme sûr et certain.

Ancien Ministre de la Culture, P.L. demande  à X : « R. sera Président du Sénat ; n’est-ce pas? » X répond : «  R. commet une grosse maladresse : il méconnaît la Haute Assemblée ; les sénateurs sont très jaloux de leur indépendance ;

rien ne les irrite autant que d’entendre dire qu’ils ont besoin d’un intermédiaire auprès de l’Elysée.

En outre, il ne faut pas oublier un moteur tout-puissant, l’envie ; je ne vois pas des politiques hisser sur le pavois un homme qui a déjà été roi. »

Et de fait, R. est battu. Largement !

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Un politique change le vocabulaire. Bien des électeurs s’exclament : « Enfin quelqu’un qui modernise la doctrine ! ».

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Pour se faire élire, ce candidat se déclare partisan courageux du modernisme et des réformes (sans préciser le sens qui les oriente.)

Tout va changer pour le mieux. On va voir ce qu’on va voir !

Maintenant qu’il est au pouvoir, je constate qu’il fait semblant de gouverner ; tout comme ses prédécesseurs, il n’est rien de plus qu’un simulacre…

Rien n’a changé avec lui, sauf le vocabulaire.

Cachées derrière ce figurant, les mêmes puissances financières sont encore et toujours aux manettes ; tout comme ses prédécesseurs,

il est, mais en secret, leur agent officieux.

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Il n’est pas sans exemple que les parlementaires effectuent eux-mêmes ou acceptent parfois des choix de gouvernants aussi discutables

et dangereux que ceux qu’impose le peuple des électeurs.

Voici qu’une Assemblée des plus distinguée s’apprête à souffrir, en qualité de Premier Ministre, un politique fort décrié, dont une plume connue ne craint pas d’écrire qu’il est « doté d’un aplomb phénoménal et d’un goût démesuré de la provocation… ».

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De toutes les activités humaines, la politique est sûrement la plus animale ; elle reproduit sans cesse des conflits identiques à ceux qui, au sein des groupements, bandes, essaims, hardes et autres troupeaux, opposent les uns autres certains des animaux, quand ils luttent pour prendre la tête de l’ensemble,

en occupant le poste de «  chef de meute ».

Une exception remarquable : pour exercer nombre de professions, il est absolument obligatoire d’obtenir des diplômes attestant vos capacités techniques. Seule la politique n’en exige officiellement aucun. J’ai même connu le cas d’un simple colleur d’affiches récompensé par un siège de député.

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La classe politique est composée (surtout) d’hommes de caractère agressif, car, dès le début de leur carrière, ils sont contraints de se battre pour s’imposer ; tout candidat doit lutter non seulement contre les champions des factions adverses, mais il doit déjà affronter quantité de compétiteurs, dans son propre parti.

Ainsi formé, un politique ne peut pas être un grand pacifique. Il est habitué  à concevoir tout rapport sous forme d’un combat.

La guerre ne lui fait pas peur.

La preuve est dans les journaux !

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Il n’est pas sans exemple hélas que la politique accueille, abrite et nourrisse les pires des monstres ; ils offrent cette particularité

d’associer la folie des buts à l’intelligence des moyens.

Le programme qu’ils proposent est complètement irrationnel, démesuré, lourds de risques, moralement hideux… En revanche, quand ils passent à l’acte, ils usent les méthodes les plus réfléchies, les plus rigoureuses et efficaces ; ils ne se trompent pas de voie, ils inventent des combinaisons ingénieuses…

L’exemple le plus probant est HITLER.

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L’abbé GREGOIRE ne voit dans ses collègues de la Convention que des monstres et des lâches : un nombre réduit de monstres et une foule de lâches.

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D’ordinaire, les gouvernants contemporains sont aux ordres des puissants de l’économie et de la finance.

Voici que se répand un très dangereux virus, qui n’épargne pas les minorités fortunées, mais menace TOUTE la population. Il faut prendre des mesures prophylactiques draconiennes absolument générales, qui n’exceptent  pas les bénéficiaires de privilèges traditionnels. Dans ce dur combat contre le fléau, la société cesse d’être admise comme divisée en classes différenciés. De toute urgence, l’intérêt sanitaire porte sur l’ensemble  des individus, qu’ils soient ou non favorisés de l’ordre établi : tout le monde est égal devant le risque de contagion.

Mais secourir les travailleurs malades, augmenter les moyens des hôpitaux, doter fortement certains services d’entraide ou d’assistance, c’est  aussi pour certains dirigeants, réhabiliter le rôle de l’Etat, en appréciant à sa mesure les vertus du système dit de l’Etat-Providence ;

et donc appliquer le contraire du programme « néolibéral » officiellement proclamé.

La sacro-sainte concurrence des « Chacun pour soi » se révèle criminelle en cas de pandémie. Seul le service public,

tellement décrié et déconsidéré, est en mesure de faire face.

Il ne faut pas moins d’une catastrophe nationale pour que certains dirigeants découvrent les vrais moyens d’assurer le bien public.

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Je suis un « élitiste » que l’expérience a convaincu : la démocratie directe est ultra dangereuse ; il suffit de considérer les chefs que choisit et affectionne le bon peuple. En comparaison, les représentant élus constituent une élite – certes pas très brillante – mais tout de même largement supérieure au corps électoral.

Malheureusement, l’abus des sondages fait que nos représentants représentent de plus en plus les désidérata de leur clientèle électorale,

au lieu de se soucier seulement du bien public.

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Un politique intelligent est forcé de prendre au sérieux son électorat, et donc de tenir compte de ce que souhaite la majorité d’imbéciles qui le composent.

Dans ce cas, le plus logique des hommes est l’esclave des plus illogiques.

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Un politique exalte un préjugé non parce qu’il est sien, mais parce qu’il est commun à ses électeurs.

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A propos de TRUMP. Les gens bien élevés tendent à confondre vulgaire et sot. Grave erreur.

En politique, un malappris peut très bien se révéler un malin redoutable.

Il dit en termes brutaux ce qui d’ordinaire se suggère en termes euphémisés. Mais si la forme est grossière, le fond est identique.

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CLASSES SOCIALES

Un noble est un seigneur de la guerre ou il descend d’un guerrier noble ; son métier est militaire, le service d’ost qu’il doit en tant que feudataire à son suzerain ; un devoir, qui, au fil des siècles, se concentrera uniquement en faveur du roi.

Toute autre profession que celle des armes est interdite au noble, sous peine de déchoir de son statut aristocratique. Richelieu, luttant contre le pouvoir politique des Grands, leur accorda en compensation le droit exceptionnel d’exercer leurs talents dans le commerce maritime, ainsi que d’exploiter les mines. (à vérifier)

Exerçant un « service noble », le noble échappe à l’impôt. Cette classe est extrêmement minoritaire.

Les cultivateurs forment l’essentiel de la population. Fiscalement, le paysan est pressuré au maximum. Richelieu le traite carrément de « mulet de l’Etat ».

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Dans les bourgs vivent les bourgeois ; issus de la campagne, ils sont artisans : ils fabriquent quelque chose pour eux-mêmes ou sous les ordres d’un patron ou au sein d’un système corporatif.

Cette classe croîtra peu à peu, au fur et à mesure que les techniques se développeront ; des villes seront de plus en plus grandes et de plus en plus riches ; leurs habitants finiront par obtenir des libertés qui les feront échapper en partie à la tutelle des nobles ou de l’Eglise.

Le progrès technique sera la chance de la bourgeoisie, dont l’activité deviendra prépondérante, et dont l’importance numérique l’emportera finalement sur celle d’une noblesse, qui paraîtra de plus en plus inutile.

La Révolution de 1789 supprima les privilèges féodaux et les exemptions fiscales des nobles. Le pouvoir politique est transféré à la bourgeoisie.

Le système électoral censitaire consacre ce transfert.

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La classe populaire.

Au cours du XIXème siècle, les paysans quittent peu à peu les villages campagnards pour les villes et sont embauchés dans les manufactures et les usines.

Les bourgeois ont pris soin d’interdire les syndicats, en votant la Loi Le Chapelier dès 1790, de sorte que la liberté – solennellement proclamée dans les Droits de l’Homme et la devise républicaine – est, dans les faits, restreinte à celle dont la classe bourgeoise profite le plus,

la liberté d’entreprendre autant qu’elle veut, sans limite ni contrainte.

Une classe ouvrière va se fixer et développer dans les villes ; elle y sera si durement exploitée qu’elle menacera l’ordre établi, par des émeutes successives,

dont la plus violente et sanglante fut la Commune.

Cette classe fournira les militants d’une Gauche, qui arrachera peu à peu des droits, dont le plus remarquable fut celui de constituer des syndicats.

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Les partis socialiste et communiste fourniront les chefs organisateurs des mouvements qui agiteront vivement le XIXème et le XXème siècles ; le Front populaire de 1936 effraiera durablement la classe bourgeois ; devenue foncièrement conservatrice,

elle ne verra plus qu’un bolchevisme délirant dans tout projet des progressistes même modérés.

S’étant, depuis deux décennies, emparé des grands titres de la presse, les titulaires des grandes fortunes savent très bien entretenir cette angoisse.

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Chaque classe comporte des catégories que distingue un même un minimum d’analyse.

Par exemple, on ne confond pas grande, moyenne et petite bourgeoisie. Elles diffèrent, non seulement par le niveau de revenus, mais par toute sortes d’usages dépendant de ce niveau. La résidence secondaire d’une grande fortune est un château,

cependant que un bourgeois moins riche se contente d’un pavillon dans un village.

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Les classes sociales sont loin d’être immuables ; tout en  protégeant leurs « valeurs » essentielles et distinctives, elles ne cessent d’évoluer, au fil des siècles.

Un courtisan de Versailles jugerait grossier un de ses lointains ancêtres, chevalier du XIIème ; un prolétaire contemporain aurait du mal à se reconnaître

dans un travailleur manuel des manufactures d’Ancien régime au Faubourg St-Antoine.

La bourgeoisie, elle aussi, a beaucoup changé, avec le temps ; encore largement inculte en 1800,  un siècle après, elle est à la tête des Lettres et des Arts. « Il faut cinq générations pour faire un gentilhomme. » disent les Anglais. C’est précisément ce laps de temps qui a passé.

Les classes perpétuent cependant ce qui les différencie essentiellement ; le statut économique avant tout, mais aussi les idéaux,

les usages et les manières qu’elles jugent convenables, préférables ou supérieures.

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COMMUNAUTARISME.

L’opinion découvre le « communautarisme », à propos de l’Islam.

Alors que ce phénomène existe depuis toujours ; nous sommes, sans les voir, entourés de communautés, dont certaines sont fort anciennes.

Ainsi, les ordres religieux, les amicales des Corses ou des Auvergnats, celle des Anciens de l’X, les loges maçonniques, les organismes de défense des « gays »… Autant de « communautés » qui fonctionnent comme d’efficaces sociétés d’entraide et de soutien. Et parfois de propagande.

La soumission aux doctrines aussi engendre, elle aussi, son communautarisme, car les adeptes des croyances aiment se retrouver et communier dans l’exaltation de leur foi ; ils s’agitent ensemble pour convaincre et triompher.

Exemple : les « suprémacistes », dont les persuasions unissent les contempteurs des « nègres » et les fanatiques de la supériorité des blancs, forment un communautarisme. L’antisémitisme, du fait qu’il est partagé, en constitue également un autre.

Cependant, nous sommes tellement habitués à ces traditionnels groupements que nous ne les percevons plus dans leur vraie nature.

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Le communautarisme est toujours séparatiste, dans la mesure où le clan élit et protège les membres du clan, autant qu’il repousse les non-membres. Il exalte ses propres principes et valeurs et récuse ceux des autres groupes ; ce rejet peut aller jusqu’à refuser de reconnaître la suprématie de la Loi.

En cela, l’Islam intégriste (et parfois terroriste) ne diffère pas de la Mafia. Comme elle, il se situe de lui-même à l’écart du groupe national.

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Le patriotisme est la forme jugée la plus noble du communautarisme.

Car il est à l’échelle de la Nation.

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