CAUSALITE

CAUSALITE

Nous vivons « le temps des milliardaires ».

De nos jours, il vaut mieux être riche, et même richissime, quand on tente carrière en politique.

Ayant acheté la quasi-totalité des journaux populaires, multimilliardaires et multinationales abusent, pour mieux les exploiter, des masses de crédules.

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Le déni systématique de causalité.

Sans doute parce que l’immense majorité des humains n’y connaît pas grand-chose, l’économie politique est mise hors de cause, dès qu’il s’agit d’expliquer le pourquoi et le comment des événements ; les liens entre, d’un côté, les moteurs ou facteurs, et de l’autre, les effets et conséquences, sont occultés ou niés. Ce qui ne peut déplaire aux titulaires des grandes fortunes.

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Aujourd’hui, comme naguère et jadis, autant dire « comme de tout temps », les privilégiés usent d’une pléthore de moyens pour défendre et justifier l’ordre établi ; en particulier, ils récusent, avec la plus ferme énergie, toute lecture économique des événements politiques, alors même que la politique consiste de plus en plus à gérer production, échanges et consommation.

Pour les nantis, seules les idées mènent le monde ; ils se refusent à voir qu’elles expriment plus ou moins directement des intérêts économiques ; c’est ainsi qu’ils nient, avec la dernière vigueur que, dans la disparate des statuts et dans l’inégalité croissante des revenus, les injustices, même les plus criantes, puissent être au départ de tout trouble, subversion et terrorisme que ce soit ; les malheureuses victimes - dans la mesure, d’ailleurs jugée improbable, où elles existent - sont priées de se tenir tranquilles.

L’inconscience et l’aveuglement sont traditionnels : on ferme les yeux pour ne pas voir ce que l’on ne veut surtout pas voir.

Voilà pourquoi les possédants refusent d’admettre que chômage et pauvreté puissent, en facteurs concomitants, inciter à la révolte certains membres des couches défavorisées.

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C’est ainsi, par exemple, que, de nos jours, ces mêmes personnes fortunées clament : « Pas de causes économiques et sociales au djihadisme ! » Encore faudrait-il expliquer pourquoi les sourates coraniques, si souvent citées comme criminogènes et inspiratrices d’attentats, sont restées longtemps inoffensives. Et pourquoi, elles sont, en peu de temps, devenues virulentes et meurtrières… Quel changement est-il intervenu ?

Et moi, tout au contraire de l’opinion commune, je résume le lien de cause à effet que je ne manque pas de percevoir, en une formule volontairement simpliste et expéditive : « Le capitalisme fabrique des pauvres et la pauvreté fabrique des talibans. »

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