Encore du nouveau pour réparer le cœur !

Tout geste chirurgical sur le cœur était interdit à la fin du 19e siècle. Le père fondateur de la chirurgie digestive, Theodor Billroth jetait un regard méfiant sur de telles tentatives à son époque, même si sa désapprobation n’apparaissait dans aucune de ses publications. Lors d’une réunion de la Société médicale de Vienne en 1881, il aurait susurré : « Aucun chirurgien souhaitant conserver le respect de ses collègues ne tenterait jamais de suturer une plaie du cœur. »

Lors de la séance du 11 octobre 1905 de la Société de Chirurgie éclate une révolution.

Un tabou tombait. Pourtant il faudra attendre presque 40 ans pour que des chirurgiens osent approcher plus régulièrement le cœur. En 1943-44, Dwight Harken a retiré chez plus de 100 soldats des éclats trouvés dans ou près du cœur. En 1944, pour la première fois, une tétralogie de Fallot est soignée par un shunt de Blalock-Taussig. Une commissurotomie pour traiter un rétrécissement mitral est aussi proposée.

Dans les années 1950-60, débute l’essor vrai de la chirurgie cardiaque avec la pose de valves de Starr. Les équipes chirurgicales de l’AP-HP sont à la pointe, à commencer par celle de Charles Dubost à Broussais. La chirurgie cardiaque du nourrisson débute au tout début des années 1970 avec même l’audace de faire survivre des nouveau-nés porteurs d’une transposition des gros vaisseaux avec la manœuvre de Rashkind. Helen Taussig avait cru, elle, impossible son intervention chez des enfants de moins de 4 ans. J’ai vécu cette époque comme interne à Bicêtre de Marthe Gautier, avec comme collègue Francine Leca qui deviendra la première femme chirurgien cardiaque française. L’AP-HP pouvait être fière de permettre aux pionniers de la chirurgie cardiaque d’être reconnus à l’international. La chirurgie directe sur le cœur malformé ou devenu pathologique avec si besoin une circulation extra-corporelle, le traitement des coronaropathies, la transplantation cardiaque ont constitué des progrès formidables. La pose de pacemakers, les avancées du cœur artificiel aussi. Ces praticiens ont constitué des Écoles et ont formé des élèves, même loin de France. Réparer un cœur relèverait-il pour toujours de la chirurgie ?

La cardiologie connaît une nouvelle révolution thérapeutique depuis quelques années, portée par la puissance de l’imagerie. Les radiologues par cathétérisme parviennent à concurrencer les prouesses de leurs aînés chirurgiens : le cœur peut être réparé sans ouvrir le thorax. Avec le début du XXIe siècle, il y a eu la pose de stents enrobés de médicament.

 Le colloque organisé par AAA-APHP le 16 mars 2026, préparé par Jean-Christophe Mercier, a permis de faire le point sur les dernières avancées de la cardiologie interventionnelle. Il a été l’occasion de donner la parole à cinq spécialistes de cette nouveauté thérapeutique avec pour modérateur Gabriel Steg de l’hôpital Bichat.

Jacques GONZALES

 

Les orateurs

 

  • Pr Marina URENA-ALCAZAR, Hôpital Bichat
    Implantation percutanée de la valve aortique (TAVI) :
    le standard du remplacement valvulaire aortique.
  • Marina Urena-Alcazar  a fait le point sur le remplacement de la valve aortique en particulier en cas de rétrécissement.

 

 

 voir la présentation ici : 1. Implantation percutanée de la valve aortique 

 

 

 

 

  • Pr Gilles MONTALESCOT, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière
    Fermeture percutanée du Foramen Ovale.
  • Gilles Montalescot du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière a souligné la fréquence d’un foramen ovale resté ouvert avec les accidents vasculaires qui peuvent en résulter. Il a exposé la manière de le fermer en percutané.

 

 voir la présentation ici :  2. Fermeture percutanée FO

 

 

 

 

  • Dr Alain BERREBI, HEGP
    Traitement percutané de l’insuffisance mitrale.
  • Alain Berrebi de l’Hôpital européen Georges Pompidou, spécialiste de l’insuffisance mitrale, a montré les moyens de remplacer cette valve.

 

voir la présentation ici : 3. Traitement percutané Insuffisance Mitrale

 

 

 

  • Pr Emmanuel TEIGER, CHU Henri Mondor
    Traitements percutanés de la valve tricuspide
  • Emmanuel Teiger de l’hôpital Henri Mondor a montré, lui, comment remplacer la valve tricuspide

 

 

voir la présentation ici : 4.Traitement percutané Tricuspide

 

 

 

  • Pr Grégory DUCROCQ, Hôpital Bichat
    Exclusion percutanée de l’auricule gauche : une alternative au traitement anticoagulant ?
  • Gregory Ducrocq de l’hôpital Bichat a discuté de la possibilité d’une alternative au traitement anticoagulant, l’exclusion percutanée de l’auricule.

 

 

voir la présentation ici : 5. Fermeture Auricule G vs AOD (1)