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Voici le courrier adressé par le Pr Jean-Christophe MERCIER à tous les candidats et les 10 questions que nous leur posons.

Elles concernent le fonctionnement de notre système de santé, fonctionnement qui inquiète de nombreux citoyens.

Nous avons joint à ce courrier le texte

de notre Président Jean-Noël FABIANI -SALMON,

« L’Hôpital du Futur », déjà sur notre site.

Nous publierons bien sûr, toutes les réponses que nous aurons reçues.

 

L’Association des Alumni et Amis de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AAA-APHP) représente près de 4000 membres en France et à l’Étranger. Parmi eux, de très nombreux soignants.

En raison à la fois du malaise rencontré par nos personnels soignants comme non soignants et l’inquiétude de la population française sur le sentiment de dégradation du système hospitalier, il nous est apparu indispensable, par solidarité avec nos membres sympathisants, de vous interpeller sur les enjeux du système de santé et le rôle de l’hôpital dans la prise en charge des patients dans nos territoires.

 Bien sûr, le rôle de l’AP-HP au travers de ses missions de recherche, d’enseignement et de soins rencontre naturellement auprès de nos adhérents un écho particulier.
C’est pourquoi les instances dirigeantes de notre Association nous ont mandatés pour vous poser, en votre qualité de candidat(e) à la Présidence de la République, dix questions figurant en annexe de notre lettre. 

Nous avons à cette occasion joint un texte, rédigé par Monsieur le Professeur Jean Noel Fabiani-Salmon, sur notre vision de « l’hôpital du futur » qui constitue pour nous un cadre de référence prospective de moyen et long terme et dans lequel s’inscrivent nos interrogations à court terme.

 Nous espérons avoir retenu votre attention et bien sûr nous nous engageons à rendre publiques vos propositions auprès de tous nos adhérents et sympathisants afin de leur permettre de faire un choix éclairé à l’occasion de cette élection majeure pour la France et singulièrement pour l’avenir de notre système de santé.

 En aucun cas, notre Association ne prendra position dans ce débat démocratique. 

Dans l’attente de vous lire, je vous d’agréer, Madame, Monsieur (personnaliser) l’expression de notre reconnaissance comme de notre espérance. 

 Nous vous remercions de nous faire part de vos commentaires avant l’envoi effectif par courriel et par courrier aux QG électoraux des 12 candidats.

Bien cordialement

Jean-Christophe Mercier
Secrétaire général AAA-APHP

 

 

 

Paris, le 10 mars 2022

Mesdames, Messieurs les Candidat(e)s à l’élection à la Présidence de la République,

 

L’Association des Alumni et Amis de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AAA-APHP) représente près de 4.000 membres en France et à l’étranger. Sa vocation est de contribuer à la reconnaissance de cette Institution Hospitalo-Universitaire au travers de l’engagement des professionnels qui la composent. Sa contribution à l’excellence de la médecine française et à son rayonnement dans le monde n’est plus à démontrer.

Néanmoins, les difficultés qu’elle rencontre aujourd’hui, comme d’ailleurs l’ensemble du système de santé en France, nous inquiètent fortement. Ce constat est d’ailleurs partagé par nombre d’experts en santé[1] ou d’organismes représentatifs,[2],[3] ainsi que par les patients eux-mêmes et leurs Associations.

C’est pourquoi nous avons estimé qu’il était de notre devoir de vous poser 10 questions, sans tabou ni a priori idéologique, afin de redonner l’espoir à l’ensemble du corps médical et soignant.

1- Quelles mesures comptez-vous prendre afin d’assurer un équilibre nécessaire entre systèmes de soins de proximité et de recours spécialisé, notamment lors de la permanence des soins en soirées et les week-ends, afin d’assurer les besoins en santé de la population dans tous les territoires ?

2- Quelles propositions comptez-vous décliner afin de pallier l’absentéisme du personnel soignant, souvent pour épuisement professionnel, ce qui oblige à la fermeture de lits et réduit l’offre de soins ? Le sentiment d’appartenance à un service de soins à taille humaine et non pas diluée dans un pôle ou un groupe hospitalo-universitaire aux limites incertaines est une revendication forte du personnel soignant, cheville ouvrière de l’hôpital et proche des patients.

3- Quelles solutions comptez-vous apporter afin d’inverser la spirale déflationniste des postes de personnel technique indispensable à la bonne marche des laboratoires, de l’imagerie médicale et des services techniques, etc. sans oublier les travailleurs sociaux et les secrétaires médicales indispensables à la bonne marche des services ?

4- Comment lutter contre la souffrance exprimée par les internes et chefs de cliniqueà travers leurs représentants syndicaux,[4] qui supportent difficilement les durées de travail hebdomadaire (de 60 à 80 heures selon les enquêtes officielles ou syndicales), alors que la RTT a été largement promue dans notre Société et même à l’hôpital à moyens constants depuis plus de 20 ans ?

5- Comment rémunérer de façon juste et digne de jeunes médecins à un niveau Bac+10 qui supportent de moins en moins les indignes indemnités de garde (149€ pour 14h de travail, à raison de 3-4 gardes par mois) ou de permanence des soins (à raison de 1 à 2 week-ends complets par mois) ?

6- Comment motiver ceux qui sont plus attirés vers la médecine générale et un exercice libéral vers les « déserts médicaux » ou les « banlieues difficiles » ?

7- Comment attirer les plus talentueux d’entre eux vers une carrière hospitalière ou hospitalo-universitaire, quand le nombre de postes de Chefs de Clinique-Assistants est bloqué depuis tant d’années et que leur rémunération comme celle des Assistants spécialistes est de l’ordre du SMIC ?

8- Comment assurer la triple mission de soins, d’enseignement et de recherche quand le nombre des postes hospitalo-universitaires (PU-PH, MCU-PH) est contingenté depuis tant d’années et inégalement réparti entre CHU ?

9- Les liens forts entre soins, enseignement et recherche clinique devraient conduire à la multiplication d’Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU) mono- ou pluri-thématiques qui constitueraient autant de pôles d’excellence et d’innovation dans les CHU. La gouvernance de ces centres d’excellence doit être pilotée par un médecin porteur du projet aidé par un directeur et non pas guidé par des soucis d’économies comptables. Des fondations publiques-privées pourraient favoriser cet essor de « pépites » valorisées sur le plan international.

10- La place de l’AP-HP, premier CHU de France, doit à la fois être promue mais aussi s’intégrer dans un réseau d’Hôpitaux généraux et d’Établissements de Santé Privés d’Intérêt Collectif (ESPIC) en Île de France, de sorte à organiser une complémentarité utile et non pas une concurrence déloyale et stérile. L’adoption d’un système d’information médicale national et évolutif devrait favoriser l’essor d’un système de soins connecté et universel, alors que l’Intelligence Artificielle (IA) risque de transformer significativement l’exercice de la médecine et la robotique celui de la chirurgie.

Ce que nous attendons du futur Président de la République, c’est un engagement fort sur des solutions structurelles et pérennes et non pas, comme cela a été si souvent le cas, un aménagement à la marge avec des solutions conjoncturelles prises au gré de crises périodiques telles que la pandémie COVID et qui n’ont rien résolu dans la durée.

DH Guy Collet           Pr. Jean-Noël Fabiani-Salmon                 Pr. Philippe Evrard                     Pr. Jean-Christophe Mercier

  Président                       Président honoraire                       Secrétaire général honoraire                    Secrétaire Général

 

 

 

[1]     Jean de Kervasdoué. Mettre fin à un hôpital public bureaucratico-corporatiste. 4 janvier 2022.

[2]     Propositions de la FHF pour ramener les jeunes vers mes métiers techniques et soignants. 15 décembre 2021.

[3]     Conférences des directeurs de CHU, des Présidents de CME de CHU, Conférence des doyens des facultés de médecine. Fixer un cap à l’hôpital. www.chu-2022.fr

[4]     Commission d’enquête sur l’hôpital : les internes auditionnés au Sénat. 13 janvier 2022.