ATOME

ATOME

L’atome a très mal commencé.

Les bombes larguées en 1945 sur le Japon ont laissé une trace ineffaçable dans l’esprit public.

Si ce moyen avait commencé par un usage pacifique, il serait sûrement beaucoup mieux admis.

Je pris conscience en 1985 de ce rejet systématique, quand responsable d’une équipe d’enquête commune à l’Assemblée et au Sénat, je dus, après Tchernobyl, vérifier l’état de sécurité des centrales nucléaires françaises.

La catastrophe russe donnait raison aux détracteurs de l’atome ; et le tsunami consécutif à un séisme qui en 2011 ravagea l’usine japonaise de Fukushima a énormément renforcé les craintes.

Hormis les techniciens d’E.D.F. qui en vivent, la plupart des gens répugnent à admettre l’atome comme source d’énergie ; moi-même ne vois jamais, sans un malaise singulier, se profiler dans la campagne les cheminées si particulières de ces centrales, alors que je suis allé souvent admirer maint barrage électrique.

En 1985, les personnes les plus véhémentes contre l’atome, trop souvent bardées d’arguments écologistes virulents, me choquaient, car elles ne songeaient qu’à leur propre sécurité et se moquaient éperdument des risques pourtant graves qu’encourent les ouvriers des usines classiques.

En sens contraire, les agents des établissements visités ne manquaient pas d’insister sur les consignes de sécurité extraordinairement sévères qu’ils s’imposaient ; ainsi par protection, les enveloppes recouvrant les usines sont doubles, afin que l’une au moins résiste, contrairement aux centrales russes à couverture unique comme celle de Tchernobyl.

En outre, le sol n’a jamais enregistré de séisme là où nos centrales sont implantées.

Je notais que le seul risque envisageable contre lequel les spécialistes d’E.D.F. s’avouaient impuissants était la chute d’un avion ; mais ils plaidaient justement contre, en assurant qu’un tel malheur était de probabilité nulle. Malheureusement, les attentats des Twin Towers ont montré qu’il n’en était rien ! Et depuis, l’on sait que l’on a vu des drones fort suspects survoler nos centrales.

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La science offre l’alternative à l’atome qu’est l’hydrogène vert.

(Selon des informations prises à Wikipédia), ce terme désigne l’hydrogène produit à partir d’énergie renouvelable ou nucléaire par le processus d’électrolyse. On le distingue de l’« hydrogène gris » (appelé parfois hydrogène noir) produit à partir de source fossile ou d’électricité en découlant.

Aujourd’hui, l’hydrogène vert ne représente que 4% de l’hydrogène utilisé, alors que l’Europe en consomme 8,8 mégatonnes par an. Son utilisation a lieu notamment dans l’industrie du raffinage.

L’hydrogène pourrait constituer un point majeur de la transition écologique : notamment dans le cadre des transports (voiture à hydrogène, train à hydrogène…), du stockage d’énergie issue de sources renouvelables intermittentes ou dans l’industrie (sidérurgie).

L’utilisation de l’hydrogène pour « décarboner » l’économie n’a de sens que si ce dernier est produit de façon décarbonée.

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Sans doute trop sensible à la puissance d’E.D.F., le Pouvoir semble avoir longtemps refusé de pousser plus loin l’étude d’une solution de remplacement à l’atome.

Il y serait désormais enclin, car les déboires du nucléaire se multiplient : toute nouvelle centrale coûte beaucoup plus cher que prévu ; et ne se montre pas disposée à entrer rapidement en service.

La France, dans son plan de relance, aurait décidé d’investir 2 milliards d’euros dans ce secteur d’ici 2022 ; et 7 milliards d’ici 2030.

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